Les draps blancs

Les draps blancs J’ai toujours aimé les draps blancs. Les vrais. Ceux de coton, un peu froissés, qui sentent le savon, le soleil ou la nuit. On croit qu’ils ne sont que du linge. On se trompe. Ils savent tout. Ils connaissent les insomnies où l’on fixe le plafond jusqu’à l’aube. Les nuits où l’on…

Avant de refermer doucement cette porte, prenez le temps d’écouter.

Les draps blancs ont une mémoire.

Ils se souviennent de tout ce que les mots n’ont jamais osé dire.

Les draps blancs

J’ai toujours aimé les draps blancs.

Les vrais.

Ceux de coton, un peu froissés, qui sentent le savon, le soleil ou la nuit.

On croit qu’ils ne sont que du linge.

On se trompe.

Ils savent tout.

Ils connaissent les insomnies où l’on fixe le plafond jusqu’à l’aube.

Les nuits où l’on rit si fort que le sommeil hésite à entrer.

Les matins paresseux où le monde peut bien attendre.

Les départs avant le lever du jour.

Les chambres d’hôtel qui ne garderont qu’un parfum et deux empreintes sur un oreiller.

Les draps blancs ne jugent jamais.

Ils accueillent.

Ils enveloppent.

Ils rassurent.

Ils murmurent de frémissements.

Ils gardent la chaleur d’une étreinte, le creux d’une épaule, l’empreinte d’une main qui s’attarde encore.

Ils connaissent ces souffles retenus, ces silences qui disent davantage que les mots, ces instants où le temps semble oublier de passer.

Au matin, ils retrouvent leur calme.

On les lisse d’une main distraite.

On ouvre les volets.

La lumière efface les plis.

Puis le soleil entre dans la chambre

On croit que la nuit s’est envolée.

Les draps, eux, se taisent.

Mais ils se souviennent.Mais eux n’oublient rien..

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